Et si nous faisions de 2017 l’année de l’entraide professionnelle en Afrique ?

 

Les concours et les appels à projet se multiplient partout sur le continent pour sélectionner les entrepreneurs dont les idées et les projets doivent faire la différence, et changer des situations sociales que nous déplorons tous.

Ces opportunités pour les jeunes entrepreneurs du continent prennent différentes formes.  C’est par exemple le milliardaire Tony Elumelu, qui via sa fondation met à disposition tous les ans un fond de 100 millions de dollars pour 2 milliers d’entrepreneurs sur le continent http://tonyelumelufoundation.org/programme/.

C’est le MEDEF, qui, en partenariat avec l’institut Choiseul, organise le prix Entrepreneurs Business Africa. C’est aussi l’AFD qui lançait récemment un concours Digital Africa, ou l’OIF qui lance sur son site de financement participatif, “Finance Ensemble” un appel à projet pour les jeunes francophones. A une plus petite échelle, c’est l’association Francophonie 3535, qui organise un prix pour sélectionner les 35 jeunes de moins de 35 ans, dont les initiatives changent positivement l’espace francophone.

Ces initiatives de soutien à l’entrepreneuriat sont les bienvenues, surtout dans une situation où les Etats n’ont pas les deniers pour jouer ce rôle.

Il y a cependant une valeur qui doit être partagée par les entrepreneurs sur le continent, et sans laquelle, même avec du financement, on ne peut pas aller bien loin. C’est celle de l’entraide professionnelle. La confrontation économique sur un marché n’est évidemment pas pavée que de bonnes intentions. Et la concurrence ça existe. Mais il est à parier que quand on démarre une activité, on bénéficie rarement de toutes les compétences, et de tous les outils de veille sur son marché. D’où la nécessité d’échanger avec ses pairs, et de leur apporter des lumières dans des domaines où ils se sentiraient moins outillés. Et bien sûr cela doit marcher dans les deux sens.

Pour être nous-mêmes à la tête d’une start-up africaine, Africa Salons, spécialisée dans la veille sur les événements professionnels, nous avons pu expérimenter une forme de chacun-pour-soi, à de nombreuses occasions, quand il s’est agi de mettre en place des partenariats. Combien de mails restés sans réponse ?, combien de conférence-call restés sans suite?

On pourrait rétorquer que c’est une vérité constante sur tous les continents, et dans tous les secteurs de l’économie: la réalité de portes qui s’ouvrent difficilement ou qui se referment trop vite.Mais si on prend l’exemple d’un pays comme la France, on  voit que la notion de réseaux professionnels (physiques, dans le monde réel)  y est fortement développé. On peut le voir à travers une institution comme le centre des jeunes dirigeants. Le CJD permet une saine émulation et est le lieu  d’échanges sur les bonnes pratiques entre créateurs parfois concurrents.

Récemment, Samuel Ajadi de GSMA (une association mondiale d’opérateurs mobiles publiant régulièrement des études) faisait remarquer qu’une des clés de succès de la Silicon Valley aux Etats-Unis est l’attitude altruiste de ses leaders, à qui il peut arriver de soutenir d’autres idées que les leurs, et qui partagent volontiers leur expérience avec les jeunes pousses. On peut penser ici par exemple à l’aide que le créateur de Napster Sean Parker a apporté à Mark Zuckerberg pour le développement de Facebook.

On voit moins des exemples de telles pratiques dans les pays d’Afrique, notamment francophones, où il semble que la dureté du climat économique, favorise des attitudes de repli. Les Tech Hubs et les espaces de co-working qui se développent sur le continent contribueront espérons-le à changer cette culture.
Comme disait récemment un partenaire, “Ce n’est pas parce que la clé ne marche pas pour moi, qu’elle doit être perdue pour toi”.

Au-delà des multiples concours pour l’entrepreneuriat qui fleurissent, au-delà des fonds qui sont disponibles, les entrepreneurs du continent doivent pratiquer l’entraide professionnelle. C’est une question d’autonomisation par rapport aux acteurs étrangers, c’est une question de changement de génération, et c’est aussi une question d’efficacité.

Faisons de l’entraide professionnelle entre entrepreneurs une réalité encore plus forte sur le continent. Peut-être d’ailleurs une plateforme comme celle de l’AGYP peut y contribuer.

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