Afrobytes

Haweya Mohamed est co-fondatrice d’Afrobytes, qu’elle a créé avec Ammin Youssouf à Paris en 2015, avec l’ambition d’en faire un hub digital pour la diaspora africaine. L’objectif est de mettre en relation les acteurs du développement économique de l’Afrique où qu’ils soient dans le monde.

Pourquoi Afrobytes ? Comment vous est venue cette idée ?

Haweya Mohamed : Afrobytes est avant tout une rencontre et un souhait de raconter l’Afrique autrement. L’apparition sur le continent africain de nombreux tech hubs et le rôle clé de la diaspora dans l’économie africaine nous a donné l’idée de créer Afrobytes. Cette dynamique portée par une jeunesse qui constituera l’Afrique de demain était, selon nous, un bon moyen de redéfinir les relations entre l’Afrique et l’Europe. Nos différents voyages nous ont également permis de recenser les besoins d’un certain nombre de ces tech hubs (visibilité, financements, mise en place de partenariats solides pour grandir). Nous avons donc décidé d’y répondre et de créer ce pont entre la tech africaine et la tech Européenne. Il s’agit pour nous d’être un accélérateur pour l’Afrique et de créer des opportunités de rencontres business innovantes pour penser ensemble l’Afrique et l’Europe de demain

Quel rôle joue la diaspora, et quel rôle joue le numérique dans le développement de l’Afrique ?

La diaspora, et en particulier celle qui vit hors du continent, est le premier investisseur du continent. Elle investit entre 60 et 100 milliards de dollars par an uniquement en transfert d’argent. à titre de comparaison, l’Union européenne investit 4 milliards. Nous pensons que la diaspora africaine peut créer ce pont et jouer un rôle clé dans l’accélération technologique du continent. La part du numérique commence à constituer un poids non négligeable dans les économies africaines. Ce sont deux univers qui riment, le continent est d’ailleurs qualifié de « Mobile First Continent ». De nombreux pays l’ont compris (Afrique du Sud, Kenya, Rwanda, Sénégal, Ouganda…) et soutiennent ce secteur qui va jouer un rôl décisif notamment pour répondre aux enjeux liés à la croissance démographique.

Vous avez organisé en juin dernier un grand événement dans le cadre du festival « Futur en Seine » pour promouvoir la tech africaine. Comment cela s’est-il passé ? Avez-vous atteint les objectifs que vous vous étiez fixés ?

Nous avons en effet matérialisé notre ambition en organisant une conférence totalement dédiée à la tech africaine à Paris. Elle s’est faite en deux temps. Une conférence de deux heures à la Gaité lyrique où nous avons donné la parole à quelques hubs africains (KLab, CTIC, Xhub, Iceaddis et ihub) et à des venture capitalistes américains venant de la Silicon Valley qui investissent déjà sur le continent ; l’objectif étant de donner un visage à ce sujet et d’apporter un éclairage avec des témoignages. La seconde partie s’est déroulée au MEDEF où nous avons donné la parole à des tech entrepreneurs africains, et où il était question d’usages existants en Afrique depuis des années et que nous n’avons pas en Europe. Le MEDEF a été pour nous un moment très important car il nous a permis de montrer une Afrique « business » et non une Afrique en attente d’une aide. L’objectif a été atteint et les résultats très enthousiasmants. Les rencontres et les poignées de main se sont faites et le business aussi. Nous avons eu de nombreux retours de personnes très satisfaites qui ont pu initier des collaborations avec des tiers dont elles avaient juste entendu parler, mais qu’elles ne savaient pas comment rencontrer.

Quand aura lieu la prochaine conférence ? Et quels en seront les thèmes ?

La prochaine conférence aura lieu autour des 8 et 9 juin prochains. Nous comptons monter en puissance et réunir autour de sujets à forts enjeux les meilleurs esprits des deux bords pour penser l’Afrique de demain. L’un des sujets sera le consommateur africain que nous ne connaissons pas vraiment et qui va devenir très important pour les entreprises occidentales. Un habitant sur quatre dans le monde sera sur le continent africain. Ignorer ce marché serait une erreur fondamentale pour les entreprises internationales.

Comment voyez-vous l’avenir technologique de l’Afrique ?

La technologie est en train de changer fondamentalement la vie des gens sur le continent. Elle permet surtout d’apporter des solutions à des problèmes existants. Elle donne accès à l’information, au savoir, à des contenus spécifiques qui auront un impact sur le business et les communautés entières. Le numérique va surtout permettre de répondre très rapidement à des questions qui ne peuvent être réglées autrement, faute de temps. La croissance démographique va impliquer de nombreux changements et de nombreux besoins auxquels les gouvernements et les entreprises privées ne pourront répondre. Le numérique fera partie des choix.

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